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MoroccoAPI : une initiative open source pour faciliter l’accès aux données publiques marocaines

La rédactionArticle5 min de lecture
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Régions administratives, codes postaux, établissements hospitaliers : MoroccoAPI ambitionne de rendre les données publiques marocaines plus facilement exploitables par les développeurs et les entreprises. LADSI a examiné trois réponses de son API pour mieux comprendre le fonctionnement de cette initiative indépendante, ses possibilités et ses limites.

Rendre les données publiques plus faciles à utiliser

Le Maroc dispose de nombreuses données publiques produites par ses administrations et établissements nationaux. Ces informations sont parfois disponibles sous forme de fichiers Excel, de documents ou de jeux de données publiés sur des plateformes institutionnelles. Leur intégration dans une application métier peut toutefois nécessiter plusieurs opérations de téléchargement, de nettoyage, de normalisation et de mise à jour.

C’est précisément le problème auquel MoroccoAPI souhaite répondre.

Lancée par Mohamed Benziza, cette initiative open source indépendante propose de rendre accessibles plusieurs référentiels marocains à travers une interface de programmation (API). L’objectif est de permettre aux développeurs de récupérer des informations structurées directement depuis leurs applications, sans devoir reconstruire systématiquement les mêmes bases de données.

Le projet est public sur GitHub et dispose d’une documentation accessible en ligne. Son initiateur précise qu’il ne s’agit ni d’un service gouvernemental ni d’une initiative officiellement affiliée à une institution publique.

Trois API examinées par LADSI

Pour aller au-delà de la présentation du projet, LADSI a demandé à son initiateur plusieurs exemples d’endpoints accompagnés de leurs sources et licences de réutilisation. Trois réponses JSON ont ensuite été examinées : les régions administratives, les codes postaux de Rabat et les établissements hospitaliers.

Le premier endpoint fournit les douze régions administratives du Maroc. Chaque entrée comporte un identifiant, un code géographique du Haut-Commissariat au Plan (HCP) et une dénomination en arabe, en français et en anglais. Les données retournées comprennent notamment les régions de Laâyoune-Sakia El Hamra et de Dakhla-Oued Ed-Dahab.

Cette structuration peut faciliter l’intégration d’un référentiel territorial dans un CRM, un ERP, un formulaire ou un tableau de bord décisionnel.

Le deuxième endpoint concerne les codes postaux. Une requête portant sur Rabat renvoie des entrées associant codes postaux, quartiers, ville, province et région. La réponse annonce 293 enregistrements correspondants, dont les 100 premiers sont fournis avec un mécanisme de pagination.

Pour une entreprise de commerce électronique ou de logistique, ce type de service pourrait simplifier la gestion des adresses et certains processus de livraison.

Le troisième endpoint porte sur les établissements hospitaliers. La réponse examinée annonce 178 établissements et fournit des informations telles que le nom, la catégorie, la localisation administrative et, dans certains cas, les coordonnées géographiques.

Les trois réponses présentent une structure cohérente et contiennent des métadonnées identifiant les sources utilisées, les licences annoncées et les dates de référence.

La traçabilité des données, un point positif

L’un des aspects intéressants de MoroccoAPI réside dans la place accordée à la provenance des informations.

Pour les régions administratives, l’API indique notamment le HCP comme producteur des données et fait référence aux résultats du Recensement général de la population et de l’habitat de 2024. Pour les codes postaux, elle renvoie vers des jeux de données attribués à Barid Al-Maghrib. Pour les établissements hospitaliers, elle mentionne le ministère de la Santé et de la Protection sociale, ainsi que des sources complémentaires comme OpenStreetMap.

Les réponses comportent également des indications de licences, notamment CC BY 4.0 et ODbL 1.0.

Cette transparence constitue un point positif pour les développeurs et les responsables des systèmes d’information, qui doivent pouvoir identifier l’origine des données qu’ils intègrent dans leurs applications.

Il reste néanmoins nécessaire de vérifier les conditions de réutilisation applicables à chaque jeu de données, particulièrement lorsque plusieurs sources sont combinées.

Des limites à prendre en compte

La disponibilité d’une API ne garantit pas, à elle seule, l’actualité ou l’exactitude de toutes les informations qu’elle diffuse.

Dans le cas des codes postaux, les références fournies renvoient à des jeux de données datant de 2017-2018. Leur intégration dans une API moderne ne signifie donc pas que l’ensemble des informations a été actualisé récemment.

L’examen de la réponse relative aux établissements hospitaliers révèle également une couverture géographique incomplète. Parmi les 100 premiers enregistrements retournés, 70 ne comportent pas de coordonnées géographiques. Cette limite peut compliquer certaines utilisations cartographiques.

Ces observations ne remettent pas en cause l’intérêt du projet, mais rappellent qu’un service de données doit être évalué selon les exigences de chaque utilisation.

L’examen réalisé par LADSI porte sur les réponses JSON communiquées pour trois endpoints. Il ne constitue pas un audit complet du code source, de la disponibilité du service, de sa sécurité ou de ses performances.

Quel intérêt pour les DSI et les entreprises marocaines ?

Pour les directions des systèmes d’information, la valeur potentielle d’une initiative comme MoroccoAPI réside dans la mutualisation d’un travail souvent répété : récupérer des référentiels publics, harmoniser leur structure et les maintenir dans les applications métiers.

Un éditeur de logiciels pourrait, par exemple, exploiter les référentiels administratifs pour alimenter les formulaires de ses applications. Une entreprise de logistique pourrait intégrer des données postales dans son système d’information, tandis qu’une équipe de Business Intelligence pourrait croiser certains référentiels territoriaux avec ses propres indicateurs.

Il s’agit toutefois de possibilités d’utilisation, et non de références clients établies. Mohamed Benziza indique que le projet reste en phase de consolidation et ne revendique pas encore de déploiements en production chez des entreprises partenaires.

Le véritable défi : maintenir la confiance dans les données

Pour MoroccoAPI, la prochaine étape ne consistera pas uniquement à multiplier les endpoints. Elle sera également de démontrer sa capacité à maintenir les données dans le temps, à documenter leurs évolutions et à garantir une qualité suffisamment prévisible pour les applications qui les consomment.

La gestion des versions, les mécanismes de contrôle, la fréquence d’actualisation et la stabilité du service seront déterminants pour une éventuelle adoption professionnelle.

MoroccoAPI présente aujourd’hui les caractéristiques d’une initiative communautaire prometteuse, avec une approche concrète de la structuration des données publiques marocaines. Son intérêt est réel, mais sa maturité devra se mesurer dans la durée.

Pour les acteurs du numérique au Maroc, le projet soulève finalement une question plus large : comment transformer les données publiques déjà disponibles en ressources numériques fiables, réutilisables et faciles à intégrer ?

Méthodologie : LADSI a examiné trois réponses JSON correspondant aux endpoints des régions administratives, des codes postaux de Rabat et des établissements hospitaliers, ainsi que les explications transmises par l’initiateur du projet. Cet examen documentaire et structurel ne constitue pas un test de charge, un audit de sécurité ou une validation exhaustive des données.

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