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ChatGPT dévoile Astra, un modèle si puissant qu'il pilote seul votre ordinateur

La rédactionArticle5 min de lecture
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OpenAI a officiellement lancé, le jeudi 3 septembre 2026, son nouveau modèle baptisé Astra, révélant au passage qu'il s'agit en réalité de GPT-6, mettant fin à plusieurs mois de spéculation sur le nom de cette nouvelle génération. L'entreprise le présente comme son modèle le plus puissant et le plus capable à ce jour, avec une mise en avant particulière d'une fonctionnalité : sa capacité à naviguer un ordinateur et un navigateur web de façon quasiment autonome.

Un déploiement progressif, pas une disponibilité immédiate pour tous

Le lancement d'Astra ne s'est pas traduit par un accès universel instantané. Selon le communiqué d'OpenAI, l'accès a d'abord été ouvert aux entreprises participant à Daybreak, le programme de cybersécurité de l'entreprise, dès le 3 septembre. Il s'étend ensuite progressivement, sur les jours suivants, aux abonnements payants ChatGPT Plus, Pro, Business et Enterprise, ainsi qu'à l'API d'OpenAI et à Amazon Web Services. Le modèle est également accessible via Amazon Bedrock et Microsoft Foundry, et porte l'identifiant technique "gpt-6-astra" pour les développeurs.

Ce calendrier étalé n'est pas un choix anodin : Astra est le premier modèle qu'OpenAI déploie largement en franchissant le seuil "critique" de son cadre de préparation interne en matière de cybersécurité, ce qui justifie, selon l'entreprise, un accès plus restreint à certaines de ses capacités les plus sensibles.

"Computer use" : la fonctionnalité mise en avant par OpenAI

Le président et cofondateur d'OpenAI, Greg Brockman, a personnellement présenté aux journalistes la fonctionnalité qu'il juge la plus significative de ce lancement : la capacité du modèle à utiliser un ordinateur comme le ferait un humain, en remplissant des formulaires, en naviguant entre plusieurs pages web ou en manipulant des feuilles de calcul, à une vitesse qu'il a qualifiée de supérieure à celle d'un utilisateur humain. Une démonstration vidéo diffusée par l'entreprise montrait une personne pilotant son ordinateur uniquement à la voix, dans une mise en scène présentée comme fluide et sans interruption.

Au-delà de cette capacité de pilotage d'ordinateur, OpenAI met également en avant des progrès notables en mathématiques, en ingénierie logicielle, et en cybersécurité défensive, cette dernière capacité restant toutefois encadrée par des garde-fous stricts sur la version accessible au grand public.

Des garde-fous renforcés sur les capacités offensives

La version d'Astra mise à disposition des abonnés payants classiques refuse explicitement les tâches de cybersécurité les plus sensibles, comme la recherche de vulnérabilités exploitables ou la création de preuves de concept d'exploitation. Ces capacités plus avancées restent réservées à des organisations vérifiées à travers le programme Daybreak Blue, dédié aux acteurs de la cybersécurité défensive. OpenAI a précisé que, pour les utilisateurs de son API, un système de vérification de sécurité peut interrompre purement et simplement une tâche jugée à risque, plutôt que de simplement demander une validation supplémentaire, y compris parfois sur des requêtes sans lien apparent avec la cybersécurité.

Ce niveau de prudence s'explique en partie par le contexte dans lequel Astra a été développé : selon Wikipedia, un incident de sécurité survenu sur la plateforme Hugging Face en juillet 2026 avait conduit OpenAI à retarder la sortie de son prochain modèle, le temps d'ajouter des protections supplémentaires.

Une nouvelle technique de raisonnement qui interroge sur la transparence

Sur le plan technique, Astra introduit une méthode de raisonnement présentée comme la "profondeur récurrente", aussi appelée architecture à transformeurs bouclés. Cette approche améliorerait l'efficacité du modèle, mais elle aurait pour effet, selon Wikipedia, de rendre partiellement ou totalement opaque le raisonnement interne du modèle, communément appelé sa chaîne de pensée. Cette caractéristique technique a suscité des interrogations chez plusieurs observateurs quant à la capacité à continuer de surveiller et d'auditer le raisonnement réel du modèle, un enjeu de sécurité de plus en plus discuté à mesure que ces systèmes gagnent en autonomie.

Des caractéristiques techniques et une tarification déjà connues

Selon la documentation officielle relayée par plusieurs sites spécialisés, Astra dispose d'une fenêtre de contexte de 1,05 million de tokens, d'une sortie maximale de 128 000 tokens, et accepte à la fois du texte et des images en entrée, avec une date de coupure de connaissances fixée au 30 avril 2026. Côté tarification, l'API facture 10 dollars par million de tokens en entrée et 50 dollars par million de tokens en sortie, avec un tarif réduit à 1 dollar pour les entrées mises en cache, une majoration au-delà de 272 000 tokens d'entrée, et un mode accéléré facturé au double du tarif standard.

"L'ère de l'AGI" : une communication assumée par OpenAI

La communication d'OpenAI autour de ce lancement ne fait pas dans la demi-mesure. Greg Brockman a évoqué la possibilité que ce lancement soit un jour considéré comme le point de départ de l'intelligence artificielle générale (AGI), un concept qu'OpenAI définit elle-même comme un système automatisé capable d'accomplir tout travail à valeur économique aussi bien, voire mieux, qu'un être humain. Sam Altman, de son côté, a indiqué à CNBC qu'Astra représentait un nouveau niveau de capacité qui avait déjà changé ses propres habitudes de travail quotidiennes.

Plusieurs titres de presse américains ont d'ailleurs repris cette petite musique dans leurs propres titres, évoquant une entrée dans "l'ère de l'AGI", une formulation qui, si elle reste un jugement de valeur porté par l'entreprise elle-même et relayé par certains médias, illustre bien l'ambition affichée de ce lancement.

Ce que cela signifie pour les professionnels de la tech

Au-delà de l'effet d'annonce, ce lancement confirme une trajectoire déjà amorcée par l'ensemble de l'industrie : l'enjeu ne se limite plus à la seule qualité des réponses textuelles d'un modèle, mais s'étend désormais à sa capacité d'agir directement dans des environnements numériques réels, ordinateurs, navigateurs, applications professionnelles, avec un niveau d'autonomie croissant. Cette évolution s'accompagne mécaniquement d'exigences de sécurité renforcées, comme en témoigne le déploiement prudent et par paliers choisi par OpenAI pour Astra, qui pourrait bien devenir la norme pour les prochaines générations de modèles les plus avancés du marché.

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