Le Maroc et l'Inde ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération numérique. Lundi 24 août 2026 à Rabat, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a reçu son homologue indien, Jitin Prasada, ministre d'État chargé du Commerce, de l'Industrie et des Technologies de l'électronique et de l'information.
Cette entrevue n'était pas un premier contact. Les deux responsables s'étaient déjà rencontrés en février 2026 à New Delhi, en marge de l'AI Impact Summit. Le déplacement de Jitin Prasada au Maroc, du 24 au 25 août, s'inscrivait dans un cadre plus large : la tenue de la septième session de la Commission mixte maroco-indienne, dédiée notamment aux échanges commerciaux et industriels entre les deux pays.
Une commission mixte dédiée aux langues et à l'IA
Au terme de leurs discussions, les deux ministres ont acté la création d'une commission mixte consacrée aux langues et aux technologies numériques, avec un accent particulier sur les grands modèles de langage (LLM). Amal El Fallah Seghrouchni a justifié ce choix par l'expérience indienne en la matière, rappelant que le pays dispose déjà d'une application capable de traiter 28 langues différentes.
L'ambition marocaine est plus ciblée : développer des modèles de langage de taille réduite (SLM) capables de comprendre et de produire la darija et l'amazigh. Objectif concret, selon la ministre : intégrer ces deux langues au sein de la plateforme administrative Idarati, portail national des procédures et formalités administratives.
Un volet plus large : infrastructures et services publics numériques
Au-delà de ce chantier linguistique, les échanges ont également porté sur les infrastructures numériques publiques. Les deux délégations ont évoqué la possibilité de partager leurs expériences respectives afin de renforcer des services publics numériques à la fois inclusifs, sécurisés et interopérables — trois exigences devenues centrales dans les stratégies de digitalisation administrative à travers le monde.
Une dynamique bilatérale qui s'accélère
Cette rencontre confirme une tendance déjà à l'œuvre depuis plusieurs mois : le rapprochement entre Rabat et New Delhi sur les sujets numériques et technologiques ne relève plus de la déclaration d'intention, mais commence à se structurer autour de projets concrets. Pour le Maroc, cette coopération s'ajoute à d'autres partenariats déjà engagés dans le cadre de sa feuille de route « AI Made in Morocco », qui vise à faire émerger une intelligence artificielle capable de refléter la diversité linguistique du pays.