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Tech & Société

La fintech marocaine Chari intègre le prestigieux indice Africa Tech 50

La rédactionArticle4 min de lecture
chari at50
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Une reconnaissance qui consacre l'écosystème tech marocain

La startup marocaine Chari fait officiellement son entrée dans l'AT50 (Africa Tech 50), l'indice de référence des 50 entreprises technologiques africaines privées les plus avancées vers une introduction en bourse. Publié pour la première fois le 28 janvier 2026 au London Stock Exchange (Bourse de Londres), cet indice trimestriel est édité par Indexa Exchange Group et place Chari aux côtés de poids lourds continentaux tels que Flutterwave, Moniepoint et OPay au Nigeria, Wave au Sénégal, Yassir en Algérie ou encore MNT-Halan en Égypte.

Sur les cinquante entreprises réparties dans onze pays, le Maroc ne compte qu'une seule représentante, mais elle y pèse. Aux côtés des seize entreprises nigérianes, des onze sud-africaines, des neuf égyptiennes et des sept kényanes qui composent l'essentiel du classement, la fintech casablancaise se distingue par une contribution notable à la dynamique de l'indice : en avril 2026, elle a été l'un des trois principaux contributeurs à sa progression hebdomadaire, portée par le lancement de son compte digital dédié aux PME marocaines, une contribution évaluée à 0,19 point, soit 22% du mouvement de la semaine, selon le bulletin hebdomadaire d'Indexa.

Une méthodologie fondée sur la maturité financière

L'AT50 ne récompense pas la notoriété mais la maturité des entreprises technologiques privées du continent, évaluée selon six piliers : la dynamique de valorisation, la solidité des revenus, la visibilité de liquidité, la maturité de gouvernance, l'expansion stratégique et le signal de marché. Sa gouvernance s'aligne sur les principes de l'OICV (IOSCO), le standard international de référence pour les indices financiers, avec un comité de méthodologie indépendant présidé par Gbite Oduneye. L'objectif affiché de l'indice est de préparer le terrain à de futures introductions en bourse pour les entreprises technologiques africaines les plus avancées.

Après son lancement à Londres, l'indice a entamé une tournée des grandes places financières du continent, avec une activation à la Bourse de Johannesburg le 15 juillet 2026, puis une étape à la Bourse égyptienne (EGX) au Caire le 22 septembre dernier. Ismael Belkhayat, cofondateur et CEO de Chari, y a participé à la cérémonie d'ouverture des échanges aux côtés de régulateurs et d'investisseurs régionaux. « C'est une fierté pour Chari, et surtout pour le Maroc. Être une startup marocaine dans l'indice lancé à la Bourse de Londres, c'est la preuve que notre écosystème technologique peut rivaliser avec les meilleurs du continent », a-t-il déclaré, exprimant le souhait de voir la Bourse de Casablanca accueillir une prochaine étape de la tournée de l'AT50.

De la logistique de quartier à la fintech panafricaine

Cette reconnaissance internationale couronne une trajectoire entamée en 2020, lorsque Ismael Belkhayat et Sophia Alj fondent Chari à Casablanca avec un objectif simple au départ : digitaliser l'approvisionnement des épiceries de quartier marocaines. La startup développe une application permettant aux petits commerçants de commander en ligne leurs produits de grande consommation, livrés gratuitement en moins de 24 heures, en s'appuyant sur un réseau d'entrepôts démarré à Casablanca puis étendu à Tanger.

Le modèle a rapidement séduit les investisseurs internationaux. Après une première levée de 5 millions de dollars en 2021, Chari a bouclé en octobre 2025 une série A de 12 millions de dollars, codirigée par SPE Capital et Orange Ventures, avec la participation de Verod-Kepple Africa Ventures, Global Founders Capital, Plug and Play et Endeavor Catalyst. Il s'agit de la plus importante levée de ce type jamais réalisée par une startup marocaine dans le secteur B2B et fintech, portant le total des fonds levés par l'entreprise à 17 millions de dollars depuis sa création.

Cette même opération s'est accompagnée d'une étape réglementaire décisive : l'obtention d'une licence d'établissement de paiement délivrée par Bank Al-Maghrib, faisant de Chari la première startup marocaine soutenue par du capital-risque à décrocher un tel agrément. Cette licence lui permet désormais de proposer des comptes et cartes de paiement, des transferts domestiques et internationaux, ainsi que des services de micro-assurance et de crédit de trésorerie à destination des petits commerçants, complétant ainsi son positionnement initial de plateforme logistique par une dimension de « Banking-as-a-Service ».

Un symbole pour l'écosystème tech marocain

L'entrée de Chari dans l'AT50 intervient à un moment où l'écosystème startup marocain cherche à affirmer sa place sur la scène continentale, aux côtés de marchés plus matures comme le Nigeria, l'Égypte ou le Kenya. Pour ses fondateurs, l'ambition dépasse le seul succès individuel de l'entreprise : « Nous construisons depuis Casablanca une infrastructure financière qui sert des dizaines de milliers de commerçants », rappelle Ismael Belkhayat, qui y voit la démonstration qu'une startup locale peut transformer un secteur traditionnel tout en s'imposant face aux références régionales de la tech africaine.

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