Du 12 au 14 octobre 2026 à Rabat, la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information (DGSSI) a détaillé ses chantiers : SOC, audit des infrastructures vitales, nouveaux régimes de qualification et accompagnement des PME. Autant de signaux pour les RSSI marocains.
Trois jours consacrés à la cybersécurité nationale et africaine
Organisée par la DGSSI, qui relève de l’Administration de la Défense nationale, la Semaine nationale de la cybersécurité s’est tenue à Rabat sur le thème « La cybersécurité au service de la transformation numérique et du développement ». La première journée a porté sur les stratégies nationales et la résilience. La deuxième a accueilli l’Africa Cyber Security Forum, et la troisième a traité des liens entre cybersécurité et économie. En parallèle, la DGSSI et l’Union internationale des télécommunications (UIT) ont organisé des ateliers techniques pour les équipes spécialisées.
Les chantiers DGSSI rappelés par le ministre
À l’ouverture, Abdeltif Loudyi, ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale, a rappelé les chantiers menés par la DGSSI ces dernières années, selon un communiqué de l’Administration de la Défense nationale :
- la généralisation des centres opérationnels de sécurité (SOC) ;
- le renforcement du contrôle et de l’audit ;
- la formation des responsables de la sécurité des systèmes d’information.
Abdeltif Loudyi a été reconduit à ce poste dans le gouvernement nommé le 16 octobre 2026.
Les prochaines étapes annoncées par la DGSSI
Le directeur général de la DGSSI, le général Abdellah Boutrig, a présenté plusieurs orientations, rapportées par Infomédiaire :
- adapter le cadre juridique aux nouvelles menaces ;
- renforcer la détection, l’audit et le contrôle des entités publiques et des infrastructures d’importance vitale (IIV) ;
- créer de nouveaux régimes de qualification et assurer le suivi des audits ;
- élargir l’accompagnement aux petites et moyennes entreprises (PME) ;
- développer des solutions nationales face aux menaces liées à l’intelligence artificielle.
Le Maroc accueille aussi le siège de l’ANCA-CERT, centre régional de coordination de la réponse aux incidents du Réseau africain des autorités chargées de la cybersécurité (ANCA). Le pays figure dans la première catégorie (« Tier 1 ») de l’Indice mondial de cybersécurité 2024 de l’UIT.
Ces annonces s’inscrivent dans la Stratégie nationale de cybersécurité 2030, dévoilée en juillet 2024. Elle comprend quatre piliers, 11 objectifs stratégiques, 26 initiatives et 60 actions, selon la DGSSI.
Ce que ça change pour les RSSI marocains
- Entités publiques et IIV : des audits mieux suivis. Le suivi des audits annoncé laisse prévoir un contrôle plus régulier de la mise en œuvre des recommandations, et pas seulement leur émission.
- Prestataires : de nouvelles qualifications à anticiper. Les régimes de qualification annoncés n’ont pas encore été détaillés. Ils s’ajouteront à l’obligation de recourir à des prestataires cloud qualifiés, imposée par le décret 2-24-921.
- PME : un accompagnement plus large, aux modalités à préciser. Pour les PME, souvent dépourvues de RSSI, c’est un signal positif. Le calendrier et les conditions d’accès restent à connaître.