Le Roi Mohammed VI a nommé, le 16 octobre 2026, Ahmed Rahhou ministre de l’Intelligence artificielle, de la Transformation numérique et de la Réforme de l’administration. Pour la première fois au Maroc, l’IA figure dans l’intitulé d’un ministère de plein exercice.
Un ministère de l’IA dans le gouvernement El Mansouri
La nomination a eu lieu au Palais royal de Rabat, lors de la cérémonie d’installation du gouvernement dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri, selon la dépêche de l’agence MAP. Ce gouvernement compte 32 membres et aucun secrétaire d’État, selon Le360. Ahmed Rahhou sera épaulé par Aïcha Guellaa, ministre déléguée chargée de la Réforme de l’administration.
Jusqu’ici, le numérique relevait d’un ministère délégué, celui de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, dirigé par Amal El Fallah Seghrouchni. Le nouveau département réunit donc trois périmètres : l’IA, la transformation numérique et la modernisation de l’administration.
Cette création intervient une semaine après le discours royal du 9 octobre 2026. Le Souverain y appelait à une nouvelle génération de stratégies nationales, dont l’une consacrée à l’économie numérique et à l’IA.
Un profil de gestionnaire et de régulateur
Né en 1958 à Meknès, Ahmed Rahhou est diplômé de Polytechnique et de Télécom Paris, selon Maroc Hebdo. Il a commencé sa carrière en 1982 à Royal Air Maroc, puis a dirigé Lesieur Cristal et CIH Bank. Il a ensuite été ambassadeur auprès de l’Union européenne à partir de 2019. Depuis 2021, il présidait le Conseil de la concurrence. Son profil diffère de celui de sa prédécesseure, chercheuse spécialiste de l’IA.
Maroc IA 2030 : les engagements à tenir
Le ministère hérite de la feuille de route « Maroc IA 2030 », présentée en janvier 2026. Elle s’appuie notamment sur le réseau des Instituts Al-Jazari et sur un laboratoire commun avec Mistral AI. Ses objectifs d’ici 2030, rapportés par Maroc Hebdo, sont les suivants : 100 milliards de dirhams de valeur ajoutée, 50 000 emplois et 200 000 talents formés.
Plusieurs chantiers restent ouverts. Le cadre juridique de l’IA est encore en préparation. Le besoin en compétences est important : la Banque mondiale estime à plus de 45 000 le nombre de profils spécialisés nécessaires au Maroc d’ici 2030. Les moyens budgétaires du ministère dépendront du projet de loi de finances (PLF) 2027, dont l’examen débute.
Ce que ça change pour les DSI marocains
- Un interlocuteur unique. L’IA, la transformation numérique et la réforme de l’administration relèvent désormais d’un même ministre. Pour les directeurs des systèmes d’information (DSI) du secteur public et leurs prestataires, la feuille de route de dématérialisation et celle de l’IA devraient être pilotées ensemble.
- Un cadre juridique de l’IA à surveiller. Son contenu n’est pas encore connu. Les entreprises qui déploient des projets d’IA auront intérêt à suivre son articulation avec la loi 09-08 sur la protection des données personnelles.
- Le budget, premier indicateur. Les crédits inscrits au PLF 2027 montreront si le changement d’intitulé s’accompagne de moyens nouveaux.