La cybersécurité s'impose désormais comme un sujet de gouvernance à part entière dans les entreprises marocaines, et non plus comme une simple affaire de techniciens. C'est le principal enseignement de la troisième édition de l'AUSIMètre, le baromètre annuel réalisé par PwC au Maroc et l'Association des Utilisateurs des Systèmes d'Information au Maroc (AUSIM), menée auprès de 62 grandes entreprises et PME.
Une maturité cyber en nette progression
L'indice global de maturité cyber des organisations marocaines atteint 56 % en 2026, contre 49 % l'année précédente, permettant au pays de passer du niveau « en développement » au niveau « défini ». Signe de cette prise de conscience, 74 % des directions générales sont désormais directement impliquées dans les décisions stratégiques liées à la cybersécurité, contre 55 % un an plus tôt. Plus d'une entreprise sur deux consacre également plus de 5 % de son budget informatique à la sécurité, un niveau qui se rapproche désormais des standards internationaux.
Trois zones de vulnérabilité à surveiller
Malgré ces progrès, l'étude identifie trois risques majeurs qui pourraient fragiliser les organisations marocaines dans les années à venir.
L'intelligence artificielle en tête des priorités. Si 87 % des entreprises considèrent l'IA comme un véritable levier de cybersécurité, seules 30 % disposent d'une gouvernance formalisée de son utilisation. Ce déséquilibre favorise l'essor du « Shadow AI », c'est-à-dire l'usage d'outils d'intelligence artificielle par les collaborateurs en dehors de tout cadre défini par l'entreprise. Autre signal préoccupant : 40 % des organisations déclarent avoir déjà subi des attaques d'ingénierie sociale renforcées par l'IA.
Une dépendance croissante au cloud. Près de 70 % des entreprises marocaines ne disposent pas encore d'une stratégie de réversibilité cloud suffisamment aboutie, ce qui les expose en cas de rupture avec un fournisseur ou d'incident majeur.
L'informatique quantique à l'horizon. 64 % des organisations reconnaissent ne pas être préparées aux enjeux liés au quantique, un sujet encore perçu comme lointain mais qui pourrait redéfinir les standards de chiffrement dans les années à venir.
Le nerf de la guerre : les compétences
Au-delà des technologies, le rapport pointe un frein structurel : 84 % des organisations peinent à recruter des profils spécialisés en cybersécurité. Face à cette pénurie, PwC et l'AUSIM recommandent aux entreprises de diversifier leurs canaux de recrutement, d'intégrer dès aujourd'hui les exigences de sécurité post-quantique dans leurs projets technologiques, et de structurer une gouvernance claire de l'IA et des environnements cloud.
Ce qu'il faut retenir
Le Maroc franchit une étape importante dans sa maturité cyber, portée par un engagement croissant des directions générales. Mais l'étude est claire : la prochaine phase ne consistera plus à réagir aux menaces une fois qu'elles sont apparues, mais à les anticiper, en particulier celles liées à l'usage non maîtrisé de l'intelligence artificielle au sein des équipes.
Article basé sur les résultats de l'AUSIMètre 2026 (PwC au Maroc et AUSIM), relayés par la presse économique marocaine en juillet 2026. Le Livre Blanc complet est disponible sur demande auprès de l'AUSIM : https://ausimaroc.com/ausimetre-2026-barometre-de-la-cybersecurite-au-maroc/